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Bruxelles art contemporain : les temps forts de l’automne

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John Armleder, ShAshLashSplash, David Kordansky Gallery, Los Angeles, USA, 2019. © David Kordansky Gallery
Publié le 08/09/2020
Par Mylène

Quelques grains de sable subsistent au fond de nos poches et la ville est encore aux couleurs de l’été mais déjà, la rentrée est sur toutes les lèvres ! Alors que les grandes vacances disparaissent doucement à l’horizon, Bruxelles redevient un véritable carrefour de l’art contemporain et nos envies de sorties et d’expos arty n'en sont que décuplées. Pour fêter la reprise de la vie culturelle, on vous partage nos coups de cœur de la saison au gré des musées de la capitale ! 

BOZAR - Danser Brut (24/09/20 > 10/01/21)

Valeska Gert, Tanzerische Pantomimen, 1925 © D.R. Centre national de la danse CND - Valeska Gert, Tanzerische Pantomimen, 1925 
Cinémathèque de la danse, Pantin 
© D.R. Centre national de la danse CND

À BOZAR, « Danser Brut », conjugue l’art et le mouvement. Dès le 24 septembre, elle invitera les curieux à entrer dans la danse en mettant en lumière les métamorphoses, l’expression corporelle et la complexité du geste. À partir de l’art brut, le visiteur cheminera vers l’art moderne et contemporain avec Charlie Chaplin, les danseuses de Toulouse-Lautrec, les performances fantasmagoriques de l’artiste allemande Rebecca Horn ou les œuvres de Philippe Vandenberg.

L’exposition se plaira également à ouvrir quelques chemins de traverse pour explorer le mouvement au sens large et dans tous ses états : les gestes saccadés des maladies nerveuses, les gestes de l’aliénation ou du désespoir font aussi partie de la grande chorégraphie de nos existences. Avec un véritable kaléidoscope d’images (peinture, installations, archives, photographies médicales, magazines et fragments de films), « Danser Brut » place la modernité et le corps sous un jour nouveau et propose une analyse du mouvement qui fait bouger les lignes !

KANAL - John M Armleder&guests "It never ends" (24/09/20 > 25/04/21)

John Armleder, Skateboarding is not a crime ©Alessandro Zambianchi - John Armleder, Skateboarding is not a crime, 2019. Courtesy Massimo De Carlo ©Alessandro Zambianchi

À quoi peut-on s’attendre quand KANAL, confie près de 6000 m² à un artiste touche-à-tout pendant plus de 6 mois ? A une programmation haute en couleur jalonnée d’œuvres uniques, de concepts d’expositions radicaux, de performances non standard, de nocturnes et de musique expérimentale, rien que ça ! De la peinture abstraite au happening en passant par l’installation, la performance et le dessin, John M Armleder a toujours mis sa fantaisie à la croisée des styles et des techniques. Avec son excentricité rafraichissante et la touche d’ironie qui le caractérise, l’artiste suisse de 72 ans va faire vibrer les 6 plateaux du showroom de KANAL avec une programmation à son image : multidisciplinaire. 

Tel un chef d’orchestre, John M Armleder convoquera pour « It never ends », une série de guests, dont des artistes bruxellois, qui participeront à l’élaboration de cette exposition sans précédent. De surprise en surprise, le programme évoluera toutes les semaines avec des week-ends spéciaux et des événements live, tels que des concerts ou des projections. Aussi cool qu’une œuvre sonore imaginée pour les ascenseurs de l'Hôtel Manos Premier, qu’une installation composée d’échafaudages géants et de plantes vertes ou que la réalisation in situ de la plus grande « Pour painting » jamais réalisée par l’artiste. 

 

HANGAR -  Borderline – Paul D’Haese (5/09/20 > 24/09/20)

Paul D'Haese, serie Borderline (AMB), 2016-2020

Envie de prolonger un peu l’ambiance si singulière du bord de mer ? Avec sa nouvelle série de photos, « Borderline », le photographe belge Paul D’Haese, nous emporte sur le littoral du nord de la France. Quelque part entre le large et le bâti, entre le sable et le béton entre terre et mer. Au fil de ses randonnées sur les 350 kilomètres qui relient Bray Dune au Havre, il saisit les villas silencieuses aux volets clos, les escaliers tombant droit dans l'océan ou les parkings désertés rongés par les embruns. Comme autant de cartes postales décalées, ses instantanés saisissent un envers du décor troublant. 

Au-delà des apparences, les photos de cette série s'attachent également aux marques du temps qui passe et aux turpitudes du passé et du présent : le mur de l’Atlantique, la libération, les camps de réfugiés... elles racontent à leur manière l’histoire plurielle et contrastée de la cinquantaine de villes et de villages traversés par le photographe voyageur.

WIELS – Risquons-Tout (11/09/20 > 10/01/21)

Isaac Julien, O que é um museu? / What is a Museum? (Lina Bo Bardi - A Marvellous Entanglement), 2019. Courtesy the artist and Victoria Miro Gallery, London/Venice; Galeria Nara Roesler, São Paulo/Rio de Janeiro/New York; Galerie Ron Mandos, Amst - Isaac Julien, O que é um museu? / What is a Museum?, 2019. Courtesy the artist and Victoria Miro Gallery, London/Venice; Galeria Nara Roesler, São Paulo/Rio de Janeiro/New York; Galerie Ron Mandos, Amst

Prendre des risques, c’est une habitude au WIELS, voire même une signature ! Depuis 15 ans, cette institution bruxelloise n’a cessé de nous étonner avec ses expositions pointues et originales. Cette fois encore, « Risquons-Tout » promet d’être aussi audacieuse qu’expérimentale. À partir du 11 septembre, elle convoque 38 artistes issus de l’Eurocore (entre Amsterdam, Bruxelles, Cologne, Düsseldorf, Londres et Paris) pour explorer les notions de frontières, de connexions, de transition et de transgression. 

Chacun à leur manière, ils abordent ces thématiques complexes avec des œuvres qui défient toute catégorisation. On y croisera les installations photographiques d’Isaac Julien, le travail de l’artiste bruxelloise, Lise Duclaux ou les toiles de Mounira Al Solh qui manient l’ironie tout évoquant les migrations, la guerre ou le féminisme. Prenant pour point de départ une entité géographique « Risquons-Tout » gagne le terrain du politique et brouille avec finesse les lignes de l’art contemporain.

MUSEE JUIF de Belgique - Kurt Lewy, Towards abstraction (11/09/20 > 07/02/21 )

Kurt Lewy, Composition 145, 1955 © Fibac Antwerp  - Kurt Lewy, Composition 145, 1955 © Fibac Antwerp

« Towards Abstraction » met en lumière un artiste injustement oublié, au destin singulier. En forme d’hommage, l’expo de la rentrée est dédiée à Kurt Lewy, peintre juif originaire d’Essen. Elle retrace son parcours, de l’Allemagne hitlérienne à la Belgique, évoque son exil pour fuir le nazisme, ses divers internements et ses tentatives d’évasion. En parallèle, elle donne à voir l’évolution de son esthétique et son cheminement de l’expressionnisme, abandonné au tournant de la Seconde Guerre mondiale, vers l’abstraction.

Avec ses compositions rigoureusement géométrique, Kurt Lewy cherche inlassablement une forme de stabilité et de dépouillement, comme pour oublier, un tant soit peu, le cauchemar de la guerre. Sur toile ou sur émail, ses œuvres jouent avec l’imbrication des formes avec un vrai sens du rythme et une belle maîtrise de la couleur. Les bleus profonds tranchent sur les rouges vibrants, quand les nuances ne sont pas soulignées par la patine du cuivre émaillé, technique qu’il maîtrisait à la perfection. Un ensemble pictural émouvant à la recherche de l’essentiel.

 

Les musées font leur comeback

Après une année imprévisible, les musées bruxellois proposent quatre jours « feel-good » pour lutter contre la morosité. Artistes et organisations culturelles s’invitent dans 40 musées de la capitale et proposent une série d’activités multidisciplinaires mêlant visites guidées inédites, rencontres, ateliers, séances de méditation et performances sonore. A ne pas manquer !

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