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Les musées rouvrent : redécouvrez les collections des musées bruxellois avec leurs conservateurs #2 !

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(c) ADAM
Publié le 08/07/2020
Par Mylène

Automobiles rutilantes, design futuriste, lignes Art Nouveau, squelettes de dinosaures ou art contemporain…les musées bruxellois ont plus d’une surprise dans leurs réserves ! A l’occasion de leur réouverture, conservateurs, artistes et curateurs bruxellois nous racontent les collections des musées au prisme de leur subjectivité. De coups de cœur en anecdotes, de pépites en œuvres insolites, ils nous prennent par la main et nous emmènent à la découvertes d’une œuvre, d’un lieu ou d’un objet emblématique qui incarne l'esprit de leur institution !

Publié le 27/05/2020

ADAM

 « Les Swinging Sixties illustrent à merveille le dialogue entre le design et la science-fiction qui prend alors une ampleur inédite. Vivre chez soi comme si on voyageait dans l’espace devient l’ambition du designer et l’aspiration du consommateur ! Semblant sortir tout droit de 2001 Odysée de l’espace de Stanley Kubrick, cette cabine à l’allure résolument futuriste incarne l’influence de la conquête spatiale sur les décors d’intérieurs. Espace clos et modulable, équipée des branchements et câbles nécessaires à l’installation d’une télévision, d’une stéréo ou d’un téléphone, la Sphère d’isolement est également un mobilier innovant à la pointe de la technologie du virtuel. Alors que l’homme marche sur la lune, le mobilier peut donc servir à redéfinir les espaces d’une habitation, pas uniquement à les meubler. » 

Maurice-Claude Vidili, « Sphère d’isolement S2  », 1971, GRP, mixed media, Les Plastiques de Bourgogne, FRA.  

 Le choix d’Arnaud Bozzini, directeur de l’ADAM.

 « Semblant sortir tout droit de 2001 Odysée de l’espace de Stanley Kubrick, cette cabine à l’allure résolument futuriste incarne l’influence de la conquête spatiale sur les décors d’intérieurs ! »

Arnaud Bozzini, ADAM.

BOZAR

Keith Haring-affiche-Act up

  « En tant qu’artiste militant Keith Haring s'est engagé pour plusieurs thèmes sociaux importants. Avec cette affiche, qu'il a conçue pour le groupe militant LGBTQ Act up, il a contribué à la sensibilistion au virus du SIDA/VIH qui a fait des ravages dans le New York des années 1980. Avec ses personnages colorés caractéristiques et son imagerie iconique, Keith Haring a réussi à créer des images fortes qui ont contribué à faire éclater les tabous. Le slogan apparemment simple "ignorance = peur, silence = mort" dit tout, et il résonne tout particulièrement aujourd'hui, en ces temps de coronavirus.

Je trouve incroyable que Keith Haring soit toujours aussi populaire en 2020, auprès des jeunes et des moins jeunes. Pour beaucoup d'enfants et d’adolescents, c'est peut-être leur première expérience dans un musée. Plutôt pas mal pour se familiariser avec l'art, non ? Pendant le confinement, nous avons reçu de nombreux messages de personnes qui espéraient pouvoir continuer à rendre visite à Keith Haring. Après cette période difficile, nous sommes très heureux de pouvoir à nouveau ouvrir nos portes, de redonner le sourire et de l'espoir à notre public. »

Keith Haring, Ignorance = Fear / Silence = Death

Le choix de Sophie Lauwers, directrice de BOZAR Exhibitions

« Je trouve incroyable que Keith Haring soit toujours aussi populaire en 2020, auprès des jeunes et des moins jeunes. Pour beaucoup d'enfants et d’adolescents, c'est peut-être leur première expérience dans un musée. Plutôt pas mal pour se familiariser avec l'art, non ? »

Sophie Lauwers, BOZAR

Autoworld

  « Le premier étage d'Autoworld, où sont exposées les voitures modernes et de compétition, vient d'être entièrement rafraîchi ! Les voitures y sont mieux mises en valeur, et il y en a parmi elles qui le méritent amplement. C'est le cas de la Honda NSX rouge qui réside chez nous depuis quelques années. 

 Elle date de l'époque où Honda était présent pour la deuxième fois en F1, remportant plusieurs titres mondiaux avec McLaren-Honda : en 1989 d'abord, avec Prost, puis en 1990 et 1991 avec Ayrton Senna. Elle participa aussi activement au développement de la NSX. Pour le constructeur japonais, elle était censée concurrencer la Ferrari 328 et, plus tard, la 348, aussi rapide mais plus fiable.

Mise sur le marché en 1991, elle sera produite sous cette forme jusqu'en 2005. La voiture possède un moteur transversal et sa carrosserie est inspirée des lignes d'un jet fighter moderne, plus précisément du F16. Il ne fait aucun doute qu'elle fut une source d'inspiration pour la Ferrari F355. Aux USA, elle fut vendue en tant que Acura NSX. »

Le choix de Leo Van Hoorick, curator à Autoworld 

WIELS

Wiels-Wolfgang Tillmans

  « L’expositon au WIELS a été conçue avec Devrim Bayar et Dirk Snauwaert de manière à être pleinement dans l’ici et maintenant, sans ordre chronologique et dans un esprit tout à fait différent de celui d’une rétrospective. Cette liberté dans l’accrochage permet peut-être à quelques-unes de mes œuvres, notamment les plus anciennes, de trouver leur voie parmi les œuvres plus récentes et selon une nouvelle configuration. »

Wolfgang Tillmans, artiste, à propos de son expostion Today Is The First Day au WIELS

Musée BELvue

 

« Très jeune, j’étais déjà une grande fan d’Art Nouveau. J’ai acheté ma première pièce lors d’une vente aux enchères à 17 ans. Il s’agissait d’un set de pots à huile et à vinaigre en cristal de style Art Nouveau. J’en suis tout de suite tombée amoureuse.

Parmi nos collections j’ai justement porté mon choix sur le Fauteuil de la maison Winssinger, conçu par une figure clé de l’Art Nouveau à l’échelle européenne : Victor Horta.  Cette pièce est issue de l'hôtel de maître qu’il imagine pour l’ingénieur Camille Winssinger. Pour un architecte Art Nouveau, intérieur et extérieur ne constituent qu’une seule et même œuvre d’art total. Dans la salle à manger par exemple, l’imposant vitrail du plafond, le revêtement mural et le mobilier forment un ensemble harmonieux et d’une grande élégance. Tout a été superbement travaillé, jusque dans les moindres détails. Le fauteuil ajouré est aérien et propose un jeu de lignes dynamiques. Structure et ornementation s’harmonisent parfaitement. »  

« Le Fauteuil de la maison Winssinger », Victor Horta, 1894–1897 

Le choix d’An Lavens, directrice du Musée BELvue.

« Très jeune, j’étais déjà une grande fan d’Art Nouveau. J’ai acheté ma première pièce lors d’une vente aux enchères à 17 ans. Il s’agissait d’un set de pots à huile et à vinaigre en cristal de style Art Nouveau. J’en suis tout de suite tombée amoureuse ! »  

An Lavens, musée BELvue

Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique

Rembrandt Harmensz. van Rijn, Portrait de Nicolaes van Bambeeck, huile sur toile

« Rembrandt est l’un des artistes phares du « siècle d’or hollandais », généralement situé fin 16e et 17e siècle. Cette toile dresse le portrait du riche drapier et entrepreneur amstellodamois, Nicolas van Bambeeck. Elle est le pendant du portrait de sa femme, Agatha Bas. L’encadrement d’ébène en trompe l’œil se retrouve dans les deux tableaux. Les modèles jouent subtilement avec la troisième dimension en débordant légèrement de leur cadre fictif. Cette astuce permet également de donner au spectateur l’illusion que son espace interagit avec celui des modèles. À l’origine, le cadre peint devait probablement déborder vers un cadre réel similaire, aujourd’hui perdu. Nicolas van Bambeeck pose avec distinction et assurance, le regard direct. La maîtrise technique de Rembrandt suggère le respect de la physionomie du modèle, ainsi que le réalisme des vêtements, capable de rendre compte des matières les plus subtiles. Les jeux de contrastes et de lumière chers au peintre sont ici merveilleusement illustrés. L’année de la réalisation de ce portrait, l’artiste travaillait également à sa célèbre  « Ronde de Nuit » (1642). »

Rembrandt Harmensz. van Rijn, Portrait de Nicolaes van Bambeeck, huile sur toile

Le choix de Michel Draguet, conservateur en chef des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Palais du Coudenberg

Palais Coudenberg - Aula magna

 « L’Aula Magna était la grande salle du palais du Coudenberg. Ce palais tient son nom de la colline sur laquelle il a été bâti à partir du 12e siècle et qui signifie « montagne froide ». Cette salle aux proportions exceptionnelles (16x40 mètres, soit 640 m² d’un seul tenant) a été construite entre 1452 et 1460 à la demande du duc de Bourgogne Philippe le Bon mais aux frais de la ville de Bruxelles. Celle-ci voyait favorablement les séjours de la cour de Bourgogne, une des plus riches et des plus dépensières de son temps.   

L’Aula Magna a accueilli des évènements exceptionnels liés à l’histoire européenne : rencontres et banquets diplomatiques, rendu de la justice sur un immense et puissant territoire, émancipation (1515) et abdication (1555) de Charles Quint.   Fortement endommagés lors d’un incendie survenu en 1731, le palais et sa grande salle disparurent de la surface visible dans le cadre des travaux de réaménagement du quartier royal réalisés à la fin du 18e siècle. Les vestiges du palais sont désormais souterrains. »   

L’Aula Magna, salle du Palais du Coudenberg 

Le choix de Frédérique Honoré, directrice du Palais du Coudenberg.

Musée des Sciences Naturelles

« L’histoire débute fin mars 1878 au charbonnage de Bernissart, dans la Fosse Sainte-Barbe. Des mineurs y creusent une galerie à 322 m de profondeur quand ils rencontrent une poche d’argile. Au lieu de la contourner, ils décident de la traverser… et, après plusieurs jours, tombent sur des troncs d’arbres remplis d’or ! Il s’agit en fait d’os d’Iguanodon incrustés de pyrite, un minerai aux reflets dorés. Le 12 avril 1878, le Musée Royal d’histoire naturelle de Belgique est averti de la découverte par télégramme… 

Et c’est une première mondiale ! Une trentaine de dinosaures, des iguanodons plus ou moins complets et articulés (les os sont ordonnés). À l’époque déjà, les visiteurs viennent du monde entier pour voir les spécimens présentés « en position probable de vie ». Aujourd’hui encore, ils constituent LA plus belle collection d’iguanodons au monde, tant pour la quantité que la qualité des fossiles. »  

 

Les iguanodons de Bernissart 

Le choix de Kareen Goldfeder, marketing & Branding au Musée des Sciences Naturelles