Cosmopolite et foisonnant, le jazz s’affirme à Bruxelles

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Jazz Station - Or Bareket Quartet @ Jean-Paul Remy
Publié le 11/04/2022
Par Charline Cauchie
journaliste

Bruxelles, capitale européenne du jazz ? Depuis longtemps, notre capitale a su tisser un lien particulier avec ce genre musical. De l’engouement pour les grands orchestres à l’émergence du bebop et du free jazz jusqu’aux courants actuels, Bruxelles a accueilli et accueille toujours toute la riche palette de styles musicaux du jazz. Elle résonne dans de nombreux clubs et bars de la capitale, et même dans le métro ou dans les rues à l’occasion de la « Journée internationale du jazz » , chaque 30 avril. Dans toute cette diversité, comment qualifier scène jazz bruxelloise ? Pour tenter d’en déceler l’ADN si particulier, la parole est donnée à la pianiste Eve Beuvens, au directeur de Jazz Station Kostia Pace et au musicien et fondateur de Werkplaats Walter Teun Verbruggen.



Eve Beuvens (c) Pjilippe Lambert 2013

  • Existe-t-il une scène jazz spécifiquement bruxelloise ?

Teun Verbruggen : On pourrait dire que oui, et elle commence à se développer grâce à des gens éparpillés de ci de là qui la font constamment évoluer. En fait, la scène jazz bruxelloise est comme la ville elle-même : très cosmopolite.

Eve Beuvens : Au niveau des musiciennes et des musiciens, il existe pas mal d’internationalité, notamment venant d’Italie et de France. C’est grâce à notre position géographique centrale et la qualité de nos écoles.

Kostia Pace : Bruxelles fait en effet partie des grands pôles européens du jazz, c’est une ville musicale foisonnante et qui favorise les rencontres interculturelles. De nombreux musiciens et nombreuses musiciennes viennent aussi profiter des synergies que la ville apporte. Enfin, c’est une ville qui sait allier vintage (avec une grosse tradition de swing et beaucoup de formations très réputées) et modernité, car notre scène jazz flirte aussi avec l’électro et les musiques urbaines.

Teun Verbruggen

  • Comment décririez-vous votre lieu/votre pratique du jazz en trois mots ?

Kostia Pace : A nos yeux, et c’est ce que nous nous engageons à faire ressentir à nos spectatrices et spectateurs : la Jazz Station, c’est de la curiosité, de l’organique et de l’évasion.

Eve Beuvens : Si je dois parler de ma pratique journalière, j’essaye qu’elle soit inspirée, connectée et qu’elle fasse sens. C’est la place que j’accorde au jazz dans ma vie. Si on parle de mon style ou de ce que je communique à travers ma musique, je dirais chaleureux, coloré et plurivoque, c’est-à-dire l’opposé d’univoque. Le jazz a pour caractéristique de laisser une grande liberté à l’auditeur ou l'auditrice, c’est aussi mon objectif.

Teun Verbruggen : Je parlerais du Werkplaats Walter avec les qualificatifs suivants : lieu alternatif, résidences artistiques, et liens entre arts plastiques et musiques d’avant-garde.

Kostia Pace @Roger Vantilt