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Les musées rouvrent : redécouvrez les collections des musées bruxellois avec leurs conservateurs !

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© MRBAB, Bruxelles / photo : José Huedo

Après deux mois de fermeture, c’est un vrai plaisir que de parcourir à nouveau les allées des musées, de s’imprégner de leur ambiance si particulière et de s’évader d’une œuvre à l’autre, d’un univers à l’autre. Pour fêter ces retrouvailles, quoi de mieux qu’une plongée dans la diversité et la singularité des collections bruxelloises en compagnie de leurs conservateurs ? De coups de cœur en anecdotes, de pépites en œuvres insolites, ils nous prennent par la main et nous emmènent pour un voyage culturel au fil de leurs fonds !

Publié le 20/05/2020

Musée de l'armée

« Choisir UNE pièce amène à faire un choix qui est, forcément, subjectif. Dans ce contexte, j’ai décidé de pousser la logique de l’exercice jusqu’au bout et de vous proposer un objet particulièrement évocateur pour moi. C’est ainsi que j’ai choisi ce blouson en cuir, marqué d’un drapeau chinois et d’une phrase en caractères mandarins qui précise que le porteur est un ami du peuple chinois et qu’il doit être aidé par tous les moyens possibles. Ce blouson équipait les pilotes américains servant au sein du 1st American Volunteer Group (Premier Groupe de Volontaires américains), ou AVG. Cette unitaire de volontaire, basée en Chine durant la Seconde Guerre mondiale, participe à la guerre sino-japonaise et à la campagne de Birmanie.

 C’est dans cette unité que servaient Buck Danny et ses amis, Sony Tucson et Jerry Tumbler dont je suivais avec passion les aventures dans les bandes dessinées signées de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, aventures dont ils sortaient invariablement vainqueurs ! Pérennité des souvenirs d’enfance et de jeunesse, j’ai même acheté un de ces blousons qui fut aussi porté par un autre de ces aventuriers qui ont bercé ma jeunesse, Indiana Jones… » 

blouson en cuir des pilotes américains servant au sein du 1st American Volunteer Group

Le choix de Michel Jaupart, directeur général a.i. du musée de l'armée.

« Choisir UNE pièce amène à faire un choix qui est, forcément, subjectif. Dans ce contexte, j’ai décidé de pousser la logique de l’exercice jusqu’au bout et de vous proposer un objet particulièrement évocateur pour moi... »

Michel Jaupart, musée de l'armée

Fondation Boghossian - Villa Empain

Fondation Boghossian-Mona Hatoum

« A l’heure de la mondialisation, et même bien avant que le sujet soit dans l’air du temps, les artistes contemporains se montrent captivés par la carte du monde qu’ils sont très nombreux à réinventer et à transformer. Ils en éprouvent tous les potentiels, non seulement géographiques mais aussi politiques, poétiques ou utopiques. 

Géographie et dislocation sont au centre de l’œuvre polymorphe de Mona Hatoum. L’artiste évoque à travers ses œuvres l’instabilité du monde et la précarité des frontières. Dans  « Map (Mobile)»   présentée dans le grand hall de la Fondation Boghossian, les continents sont suspendus, éclatés dans l’espace et mis en danger d’une confrontation mouvante. »  

Mona Hatoum, « Map (Mobile) », 2019

Le choix d'Alfred Pacquement, commissaire de l’exposition « Mappa mundi  » .

Choco-Story Brussels

Chocostory-mortier-cabosse

« Parmi ses collections protéiformes, le plus gourmand des musées bruxellois a retenu un objet exclusif. Il s’agit d’un mortier en forme de cabosse, qui contient la plus ancienne trace de cacao mise à jour jusqu’ici. Incroyable mais vrai, on y a retrouvé de la théobromine, qui est un indicateur de la présence du cacao. Cet outil, découvert récemment dans le Sud de l’Équateur, date de 3500 avant Jésus Christ. Il est la preuve que le cacao était déjà consommé sous forme de boisson par les Shuars, l’un des peuples amérindiens! Plus tard, ce sont les Mayas, qui, vers l’an 1000 ont commencé la culture du cacaoyer. »

Mortier en forme de cabosse

Le choix de Peggy Van Lierde, directrice de Chocostory.

Centre Belge de la Bande Dessinée

Centre Belge de la Bande Dessinée-Buste de tintin

« Tout commence par une rencontre fortuite. En 1947, le jeune sculpteur belge Nat Neujean, basé à Bruxelles, et l'auteur de bandes dessinées Hergé se croisent pour la première fois. Neujean, connu pour ses sculptures en bronze, travaillait alors sur un buste du ministre français de la Culture, André Malraux, auquel il voulait offrir plusieurs albums de Tintin signés par Hergé lui-même. A l’issue de cette rencontre, outre un buste d’Hergé et une statue en bronze grandeur nature de Tintin et Milou, le sculpteur réaliste un Buste en pierre de Tintin.

Les images vidéo montrent à quel point Hergé a été ému et perplexe lorsqu'il a vu pour la première fois son personnage en trois dimensions, tel que sculpté par Neujean. Emotion d’autant plus forte que la ressemblance entre le journaliste et son père spirituel est frappante. Hergé aimait d’ailleurs à dire : « Tintin, c'est moi, si je veux être un héros parfait... ». Le buste se trouvait sur le bureau du maître de la Ligne Claire jusqu’à la fin de sa vie. En 1989, sa veuve fait don de l’œuvre au Musée de la bande dessinée par l'intermédiaire de Guy Dessicy, ami et coloriste d'Hergé, en signe de l'importance qu'elle attachait à l'ouverture de ce Centre. Depuis, la statue occupe une place d'honneur à côté de l'escalier monumental en marbre qui sert d'entrée au musée. Un peu comme si Hergé lui-même veillait sur le temple… »

Nat Neujean, « Buste de Tintin »

Le choix de Tine Anthoni, responsable de la communication du Centre Belge de la Bande Dessinée.

« Les images vidéo montrent à quel point Hergé a été ému et perplexe lorsqu'il a vu pour la première fois son personnage en trois dimensions, tel que sculpté par Neujean (...) le buste a d'ailleurs eu sa place sur le bureau du maître de la Ligne Claire jusqu’à la fin de sa vie »

Tine Anthoni, Centre Belge de la Bande Dessinée

Africa Museum

Africa-Museum-sculpture

« Lorsqu'un chef (reconnaissable ici à son couvre-chef) décède, il ne peut plus s'occuper de ses proches, les protéger et leur donner des conseils, à moins qu’on prépare une statue dans laquelle son esprit peut s’installer immédiatement après sa mort. Voici une de ces statues, qui, on le voit, contient clairement l'esprit d'un homme très doux et attentionné. Personnellement, je lui demanderais son avis ! »

Statue du Bas-Congo (Matadi), sculpture en pierre de savon 

Le choix de Dirk van Roy, guide au Musée royal de l’Afrique Centrale.

Train World

Train World-Paul Delvaux

« En 1963, à l’occasion de l’électrification complète de la ligne Paris - Bruxelles - Amsterdam, la SNCB et la SNCF ont mis en service une nouvelle génération de voitures internationales circulant sous le label Trans Europ Express (TEE). Afin de mettre à l’honneur les talents artistiques de la Belgique, la SNCB a commandé un ensemble de quatre tableaux auprès de dix peintres belges. Ces œuvres décoraient les voitures TEE de première classe des Chemins de fer belges. 

Parmi les artistes désignés, Paul Delvaux, peintre emblématique des gares et des trains a conçu quatre œuvres originales traitées comme deux ensembles se répondant. Depuis septembre 2019, ces quatre œuvres sont exposées à Train World. »

Paul Delvaux, « Gare de jour I&II, Gare la nuit I&II »

Le choix de Pieter Jonckers, directeur de Train World.